élévation arrière : moellons de calcaire, dont plusieurs rougeâtres, que l'on associerait normalement au groupe géologique de Chazy des carrières du nord de Montréal.
En l'absence d'une mention de confirmation, l’identification « pierre grise de Montréal [calcaire] » est présumée d’après l’apparence et l’époque d’utilisation.
Avertissement :
Bien que le Répertoire d'architecture de la CUM identifie ce bâtiment comme étant l'hôtel Payette, il s'agit d'une erreur. Les frères Payette possèdent plutôt un hôtel pendant près de vingt-cinq ans (vers 1890-1915) sur le lot voisin, rue Saint-Paul.
Histoire du bâtiment
L’avocat Joseph-Octave-Alfred Turgeon fait construire cet immeuble en 1860 sur deux terrains acquis séparément. En 1854, il hérite d’un premier lot vacant et, six ans plus tard, il achète le second lot sur lequel se trouve une vieille maison de pierre. Cette habitation ainsi que des dépendances sont démolies à l’automne 1860. Turgeon confie la conception de l’édifice à l’architecte Victor Bourgeau dont le travail est habituellement associé à la construction d’édifices religieux.
Dès le départ, l’immeuble abrite une auberge. Peu après, on retrouve au rez-de-chaussée deux restaurants ainsi qu’une épicerie tenue par Félix Villeneuve à compter de 1865. Villeneuve opère aussi sur les lieux l’hôtel Bonsecours (Maison de Bonsecours) pendant une quinzaine d’années. Au cours des années 1870, l’auberge devient une maison de pension et l’édifice, acquis par le bijoutier Napoléon Lefebvre en 1875, sert notamment de lieu de résidence aux locataires exploitant les commerces.
L’édifice conserve sa double vocation commerciale et résidentielle durant plusieurs décennies. Durant près d’un siècle, jusqu’en 1960, une épicerie loge au rez-de-chaussée, dont celle de Legault & Masse Ltée qui occupe l’édifice pendant trente ans à partir du début des années 1930. Puis, le rez-de-chaussée de l’édifice est notamment occupé à compter des années 1970 par le même restaurant durant une vingtaine d’années. Le bâtiment, qui ne semble pas avoir subi de modifications majeures depuis sa construction, est transformé en copropriétés commerciales en 1986 et des bureaux sont alors aménagés aux étages supérieurs. En 2008, un restaurant occupait toujours le rez-de-chaussée de l’immeuble.
Joseph-Octave-Alfred Turgeon (avocat) (propriétaire de 1854 à 1874)
Commentaire sur la construction
Datation confirmée par les rôles d'évaluation et par un marché de construction signé le 26 juillet 1860 (notaire Joseph Belle).
Fonction(s) d'origine et type particulier
Fonction(s) spécifique(s) :
commerce de détail
hôtel
logements Les logements sont occupés par les propriétaires des commerces situés dans le bâtiment.
Fonction(s) générale(s) :
commerce
habitation
Autres travaux – Modifications
Travaux 1 :
Date des travaux : 1986 Restauration ou recyclage du bâtiment.
Les étages supérieurs du bâtiment sont alors transformés en bureaux. Une subvention a été accordée pour la réalisation de ces travaux.
Autres propriétaires ou locataires (sélectif)
Propriétaires :
Napoléon Lefebvre et succession (bijoutier) (propriétaire de 1875 à 1912) Napol�on Lefebvre d�c�de en 1892, mais sa succession conserve la propri�t� durant vingt ans.
Locataires :
Félix Villeneuve (aubergiste et épicier) (locataire de 1865 à 1882) En 1859, avant la construction de l�immeuble Alfred-Turgeon, F�lix Villeneuve exploitait d�j� une auberge sur la rue Saint-Paul. � la m�me �poque, plusieurs Villeneuve tiennent d�ailleurs commerce dans le secteur des march�s. En 1862, Narcisse Villeneuve exploite une auberge dans le b�timent voisin appartenant � Joseph Tiffin. La m�me ann�e Fabien Villeneuve est aussi aubergiste dans le b�timent de l�h�tel du Canada et Elz�ar Villeneuve tient une �picerie dans ce m�me immeuble. Vers 1875, F�lix Villeneuve, qui op�re l�h�tel Bonsecours et une �picerie depuis une dizaine d�ann�es dans l�immeuble Alfred-Turgeon, s�associe � Hormidas Gari�py dont la compagnie continue � tenir un commerce d�alimentation dans l��difice jusqu�au d�but des ann�es 1890.
Legault & Masse Ltée (épicier en gros et au détail) (locataire de 1931 à 1960) Narcisse Legault exploite une �picerie dans l�immeuble Alfred-Turgeon depuis le d�but des ann�es 1920. Il s�associe � Beno�t Masse en 1931 et fonde la compagnie Legault & Masse Lt�e. En 1945, la compagnie dirig�e par Beno�t Masse poss�de �galement un commerce sur la rue Saint-Hubert. Jusqu�en 1958, la compagnie demeure propri�taire d�une �picerie sur la rue Saint-Claude qui occupe deux b�timents situ�s sur le m�me terrain que l�immeuble Alfred-Turgeon. Beno�t Masse op�re une �picerie dans l�immeuble Alfred-Turgeon jusqu�en 1960.
Protections patrimoniales du bâtiment
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré). Anciennement un arrondissement historique (1964-01-08) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivante :
Situé dans un secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle Vieux-Montréal (juridiction municipale)