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Si l’on considère les éléments climatiques tel que définis au cours de discussions tenues au colloque de recherche sur l’habitabilité des communautés humaines dans des climats d’hiver tenu à Edmonton en 1986 (PRESSMAN, p. 130) soit :
Montréal est indéniablement une « ville d’hiver », convenons-en. |
La place d’Armes après
une tempête de neige. Sans date
Source : BAnQ Fonds E.-Z. Massicotte cote : 4-26-b
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Il est vrai que le froid de l’hiver est pratiquement toujours à connotation négative et que la vie urbaine devient triste. Les lieux publics sont désertés ou utilisés qu’à titre de court-circuit pour nos itinéraires piétons.
L’urbanisme est censé être le reflet des valeurs culturelles d’une société. L’aménagement des places publiques étant une composante majeure de l’urbanisme, comment peut-on expliquer la négation généralisée de la saison froide dans leur design qui peut aller jusqu’à en empêcher l’utilisation ?
À cet égard, il apparaît que parmi les peuples nordiques, nous serions le seul à avoir une « mentalité d’été »! Ceci s’expliquerait, semble-t-il, par nos racines de l’Europe méridionale d’une part, et d’autre part, par la forte influence de nos voisins États-Uniens qui bénéficient de façon générale d’un climat beaucoup plus clément, ce qui génère un rapport aux lieux publics bien différent. |
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La place d’Armes en hiver
Source : © Denis Tremblay, 2006
Commentaire : On peut apprécier l’effet des contre-plaqués pendant la période hivernale.
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En ce qui concerne plus spécifiquement la place d’Armes, notons qu’elle n’est pas déblayée à la suite des tempêtes de neige et que la fontaine du monument de Maisonneuve est non fonctionnelle du début de novembre à la fin d’avril soit 6 mois par année. Elle est même affublée de contre-plaqués aux allures on ne peut plus temporaires pendant toute cette période.
Pourtant la place d’Armes a déjà été un lieu de rassemblement et de festivités hivernales important.
Un premier carnaval a lieu en 1883 dans le secteur ouest de la ville. En dehors des activités ou compétions sportives extérieures, l’attraction principale est le palais de glace au square Dominion (aujourd’hui Dorchester).
Il faut attendre la troisième édition du carnaval pour qu’un comité de l’Est composé de francophones se constitue et propose un programme d’activités. « Ainsi, en plus des centres habituels (le square Dominion et la montagne), la fête englobe dorénavant la place d’Armes, le Champ-de-Mars, l’île Sainte-Hélène, la place Jacques-Cartier et la rue Saint-Denis. » (DUFRESNE, p. 143) |
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C’est dans ce contexte qu’est érigé un lion de glace au centre de la place d’Armes en 1885. Il mesure vingt pieds de haut et est éclairé de lumières électriques. Deux ans plus tard, un labyrinthe est construit. Réplique réduite du labyrinthe des jardins du palais royal d’Hampton, il atteint tout de même 40 pieds de hauteur et comporte un dédale de 600 pieds de longueur. Il est étonnant que des constructions représentant des figures aussi clairement associées à l’empire britannique soit élevées en ce lieu pourtant reconnu comme le « square aux français », à moins que ce n’ait été une occasion de diffuser « le discours dominant de l’époque » (DUFRESNE, p. 153) d’autant plus que l’Église catholique était contre ce type d’événements. |
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Carnaval de 1885, le lion de glace de la place d'Armes
New Album of Montreal Views tiré de Choko p. 49
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Labyrinthe de glace, place d'Armes, Montréal, QC, vers 1887
Alexander Henderson Don de M. Omer Lavallée
Vers 1887 cote : MP-1980.47.5
Source : © Musée McCord
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Ces carnavals du XIXe siècle seront aussi éphémères que leurs palais de glace, la dernière édition ayant lieu en 1889. un peu plus de cent ans plus tard, à compter de 1999, le Festival Montréal en lumière avec ses 8 éditions relève le défi de re-dynamiser l’hiver en ville. Il utilise les lieux publics que ce soit l’esplanade de la Place des Arts, la place Jacques-Cartier ou les installations du Vieux-Port. C’est donc dire que les places publiques et leurs aménagements flexibles sont fondamentaux pour la tenue de tels événements.
Nous pouvons peut-être convenir qu’en raison de leurs dimensions restreintes, certaines places se prêtent moins à la tenue d’activités directement liées à l’hiver. La place d’Armes fait probablement partie de cette catégorie d’autant plus qu’elle est à l’ombre une bonne partie de l’hiver en raison de la hauteur de l’immeuble de la Banque Nationale.
Dans de tels cas, le lieu public peut alors devenir un lieu d’atmosphère, de représentation rythmée par les différents événements saisonniers comme la période des Fêtes, le Mardi gras, etc. Dans cette perspective, la place d’Armes est la plupart du temps décorée et illuminée pour la période des Fêtes. Toutefois, ces installations temporaires soulèvent souvent des problèmes logistiques comme les modes de fixation. Prenons pour exemple l’arbre de Noël traditionnel, de de grandes dimensions qui y est souvent installé. Celui-ci nécessite des haubans, lesquels sont fixés à des cloches de béton disposées au pourtour de l’arbre. L’aspect que prend ce gréement le jour n’est pas toujours du meilleur effet.
Pour atténuer l’impact de ces installations techniques omniprésentes, il suffirait peut-être d’intégrer la notion des décors saisonniers au concept d’aménagement général de la place. Ceux-ci devraient être conçus dans une optique de pérennité à l’exemple du sapin stylisé sur la place Ville-Marie. Cette préoccupation de la saisonnalité de la place aurait pour avantage d’intégrer dans les aménagements permanents les installations nécessaires comme les alimentations électriques, les structures ou mécanismes de support et ainsi nous assurer un environnement de qualité à longueur d’année.
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Mario Brodeur, architecte
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Qu’est-ce qui vous ferait davantage apprécier la place d’Armes l’hiver ? |
Qu’est-ce qui vous ferait davantage apprécier la place d’Armes l’hiver ? |
Il me semble évident à la lecture de votre mot que pour être animée, ou à tout le moins utilisée, la place devrait être déneigée un minimum. Toutefois, il n'est peut-être pas nécessaire de disposer de toute la neige (la disparition nocturne) et, des bancs de neige pourraient être utilisés tant comme quasi-vestiges de l'hiver (utiliser la matière quand elle se présente) que comme muret, sentier pour baliser les lieux où l'on ne doit pas passer. Ces contre-plaqués dont vous parlez et qui semblent horribles, ne pourraient-ils pas être remplacés par un bel amas de neige contre une rambarde designée. Restera à gérer les "traces" laissées dans la neige par les chiens, par les passants, à l'arrivée du/des dégels, et à gérer l'inventivité des cols bleus.
S'il s'y passe quelque chose, ou si on peut y passer, il devrait y avoir des gens. Si ce n'est pas une destination, ce peut aisément faire parti d'un parcours, une façon de raccourcir le trajet; on pique au travers de la place d'Armes. C'est l'hiver on peut aussi avoir froid et vouloir aller au plus vite. On peut encore, par contre, vouloir s'attarder et regarder la lumière froide sur les façades grises et rouges.
Gilles Thomas
Montréal |
Beaucoup plus de lumière s.v.p.! Il est désolant de voir qu'une place publique de cette importance et qui attire chaque année autant de visiteurs puisse demeurer dans l'ombre pendant toute la période hivernale.
CHEF Carole
Montréal |
De l'éclairage pendant période des Fêtes, décorations comme la Ville le fait déjà sur la Place Jacques Cartier.
Carole Leblanc
Montréal |
I have not lived in Montreal in the winter yet so I don't know how practical this would be. My comments elsewhere support significantly broadened sidewalks all around the place with sidewalk cafes, vendors' stands and so forth. I noticed that north on St-Urbain IGA has erected a sort of porch on the sidewalk. Is it feasible to permit those operating sidewalk cafes on such widened sidewalks on Place d'Armes, to erect seasonal enclosures that would permit year-round use of the premises for these purposes? At the present time there would not appear to be any reason for anyone to be in the place during the winter. Having some lively restaurants and coffee shops looking out on M. Maisonneuve's monument and the various buildings surrounding the place would give people a reason to be there. It would also encourage a deeper appreciation of the architecture of these buildings as presently there is nowhere to comfortably sit and contemplate them, their juxtaposition, and what it signifies about the city's history.
Bill Buholzer
Montreal |
I believe that permanent, lively and sophisticated lighting (or at least infrastructural wiring) would serve to spark the imagination of those who would be likely to sponsor winter events. The Place looks dead in winter, and for it to become known as a beautifully lit space would serve as a natural magnet.
Christopher Carlisle
Massachusetts, USA and Old Montreal |
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Un entretien régulier et écologique
Yves Deschamps
Montréal |
Un espace à l'abri du vent, avec des animations (kiosques vendant des boissons chaudes, des marrons chauds) et de la musique diffusée par hauts parleurs les dimanches, notamment une rediffusion des concerts se déroulant dans l'église.
Brigitte Verdière
Montréal
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Nettoyer, éclairer et réchauffer la Place. Je crois qu'il serait possible de récupérer la chaleur rejetée par les immeubles de pourtour et de la canaliser en sous-sol afin de créer une place "percolante" d'où se dégage une agréable chaleur. Je crois d'ailleurs que plusieurs trottoirs de Montréal, au centre-ville, en particulier dans le futur Quartier des Spectacles pourraient se prévaloir de cette technologie de récupération de chaleur pour le bénéfice des promeneurs.
Jules Bélanger
Montréal |
I would invite the architects working on this exciting project to consider solar-powered lighting systems based on high efficiency, low powered lighting technology such as LED (Light Emitting Diodes), LPS (Low Pressure Sodium) or HID (High Intensity Discharge).
As Montreal is a city concerned about environmental protection and supportive of sustainable development, solar powered lighting systems would reduce dependence on the electricity grid, enhance security during power failures and demonstrate the city's commitment to renewable energy technologies. The technology today allows for sufficient lighting hours even in the middle of winter.
Andrew Wilkins
Pointe-Claire, Québec |
Une patinoire avec un grand sapin au milieu comme celle proposée dans le Projet 3 m'apparaît comme une excellente idée. L'été, retour de la fontaine et de grâce ne touchez pas au kiosque de fleurs sinon pour l'embellir.
Marjo Jacob
Montréal |
Un bel arbre de Noël et des bancs, pas de patinoire car il y en a une tout près.
Yves Girard
Montréal |
Il faut prévoir un immense sapin de Noël plein de lumière avec de la musique et pourquoi pas faire entendre les cantiques de Noël en direct de la cathédrale Notre-Dame.
Danny Wade
Longueuil, Québec |
Une belle patinoire et surtout de belles lumières, oui beaucoup plus de lumière. Il paraît que la ville de Lyon en France est très forte pour ses idées et son style de projet urbain.
Nathan Dratler
Montréal |
| Bibliographie |
CHOKO, Marc H., Les grandes places publiques de Montréal. Montréal, Éditions du Méridien, 1987.
DUFRESNE, Sylvie, Fête et société : le carnaval d’hiver à Montréal (1883-1889). Essai paru dans Montréal activités, habitants, quartiers Société historique de Montréal. Montréal, Fides, 1984.
LAFONTAINE, Luce, Place d’Armes, Montréal | Évolution urbanistique et architecturale. Étude réalisée pour la Société de développement de Montréal. Montréal, mars 2007.
LÉGER MARKETING, Sondage auprès des clientèles pour le Vieux-Montréal et analyses comparatives avec une étude réalisée en 1998. Étude réalisée pour la Société de développement de Montréal. Montréal, 2004.
PRESSMAN, Norman, La notion d’hivernité apprivoiser la glace et la neige. Essai paru dans Sensations urbaines une approche différente à l’urbanisme sous la direction de Mirko Zardini. Montréal, Centre Candaien d’Architecture, Lars Müller Publishers, 2005.
TISCHER, Stefan et al. Place d’Armes | Étude sur la circulation des piétons, Laboratoire de création en architecture de paysage, École d’architecture de paysage Faculté de l’aménagement, Université de Montréal. Étude réalisée pour la Ville de Montréal. Montréal, juin 2007. |
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