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FICHE D'UN BÂTIMENT 
Identification  
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Façade principale, rue Saint-Jacques.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
Façade secondaire, rue Saint-Antoine.
©Denis Tremblay, 2008
 
Vue axonométrique par Beaupré et Michaud, architectes.
Le Vieux-Montréal, Les oeuvres du temps, 1991
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Banque de Montréal

Adresses civiques :
Construction et  
modifications majeures :

1845-1847/ 1859 / 1885-1886/ 1901-1905/ 1912-1913/ vers 1920 (1918-1926)

Plans de localisation :
Caractères physiques :
  • Nombre d'étages : 1
    L'édifice d'origine possède un dôme alors que l'agrandissement est recouvert d'un toit à deux versants.
  • Matériau dominant : pierre
  • Type de toit principal : dôme

Pour plus d'information sur les caractères physiques du bâtiment, veuillez consulter le relevé des caractères physiques.

Pierre :
  • Pierre grise de Montréal [calcaire].
  • Façade arrière, rue Saint-Antoine : granit gris de Stanstead, Cantons de l'Est (Québec); la pierre proviendrait de la carrière qui porte encore en 2007 le nom de Stanstead Granite ; une publication donne Chelmsford [Massachusetts, États-Unis] comme provenance mais la source première de cette information n'est pas disponible.

En l'absence d'une mention de confirmation, l’identification « pierre grise de Montréal [calcaire] » est présumée d’après l’apparence et l’époque d’utilisation.

Ce bâtiment fait partie
de l'ensemble suivant :
  • Banque de Montréal
    Trois bâtiments d'époques très différentes, occupés par la Banque de Montréal, présente à cet endroit depuis la première moitié du XIXe siècle.

Cliquez sur le nom de l'ensemble pour obtenir la liste des bâtiments de cet ensemble.

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Histoire du bâtiment  
 

La Banque de Montréal fait construire cet édifice en 1845-1847, puis elle le fait réaménager et agrandir considérablement entre 1901 et 1905.

Fondée en 1817, la première banque canadienne connaît une telle croissance de son chiffre d'affaires qu'elle doit quitter son premier immeuble de la rue Saint-Jacques qu’elle occupe depuis 1819. En 1845, la Banque achète de la fabrique de la paroisse Notre-Dame un terrain face à la place d’Armes – en voie d’être réaménagée en square – ayant servi de cimetière et sur lequel on trouve un petit bâtiment logeant des bureaux. Pour la construction de son nouveau siège social, la Banque engage l'architecte John Wells en lui demandant, semble-t-il, d’étudier la composition par David Rhind de la Commercial Bank of Scotland que l’on construit à ce moment à Édimbourg. Wells s’en inspire, mais propose une composition originale tout aussi soignée. La Banque déménage dans son nouvel immeuble en novembre 1847.

Dès 1859, on constate une détérioration dangereuse du dôme. Il est enlevé et un étage-attique, simplement recouvert d'un toit plat, est ajouté. Dans les décennies suivantes, les seuls travaux majeurs sont réalisés en 1885-1886. L’intérieur est réaménagé par les architectes Taylor, Gordon & Bousfield et des adjonctions sont construites des deux côtés et à l’arrière jusqu'à la ruelle des Fortifications.

Au début du XXe siècle, la Banque, qui a acquis une stature internationale, agrandit son siège social. Un site acquis rue Saint-Antoine permet de construire un deuxième corps de bâtiment relié au premier par une passerelle fermée qui enjambe la ruelle. L’intérieur de l’ancienne partie est entièrement refait, mais la façade d'origine est conservée. On construit un nouveau dôme, tandis que l’étage-attique est modifié. La Banque confie le projet à la prestigieuse agence américaine McKim, Mead and White. Charles F. McKim (et non pas Standford White comme on l’a cru) prend en charge la conception et Andrew T. Taylor, de Montréal, supervise les travaux. La salle des guichets est pendant quelques années la plus grande en Amérique du Nord.

En 1923, on dévoile au centre du bâtiment la statue Patria (qui représente aussi La Victoire) du sculpteur James Earle Fraser, en hommage aux 231 employés de la banque morts pendant la Première Guerre mondiale. Le lien entre les deux corps de bâtiment est également élargi à cette époque, de sorte que la passerelle devient imperceptible de l’intérieur.

La Banque de Montréal occupe toujours l’édifice au début du XXIe siècle et en prend grand soin.

Voir aussi les informations sur le ou les ensembles dont ce bâtiment fait partie.

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La Banque de Montréal vue du clocher de l’église Notre-Dame par C. Dion & Co., 1858-1859.
©Musée McCord d'histoire canadienne, Montréal, MP-0000.2901. Collaboration spéciale dans le cadre d'une entente de partenariat.
 
La Banque de Montréal en 1859 ou 1860.
©Musée McCord d'histoire canadienne, Montréal, N-1975.32.14. Collaboration spéciale dans le cadre d'une entente de partenariat.
 
Les toits de la Banque de Montréal vers 1913-1914.
©Bibliothèque et Archives nationales du Québec, collection Albums de rues E.-Z. Massicotte, cote: 1-29-a.
 
Architecture  
 

La Banque de Montréal est implantée rue Saint-Jacques face à la place d’Armes, un lieu de prestige. Elle occupe un site en pente séparé en deux parties par la ruelle des Fortifications. L’édifice comprend deux corps de bâtiment principaux, l’un en pierre calcaire grise de Montréal, l’autre en granit. Ils sont reliés par un corps de bâtiment intermédiaire d’un seul étage (une passerelle élargie vers 1920) surplombant la ruelle. À l’avant, une étroite marge de reculement sépare la rue du corps de bâtiment, l’espace laissé libre étant occupé par une colonnade. La partie avant est coiffée d’un dôme surbaissé et la partie arrière d’un toit à deux versants sur sa partie centrale.

Un portique corinthien à six colonnes surmontées d’un fronton domine la composition. Il évoque un temple de l’Antiquité romaine. L’élévation du corps de bâtiment comprend deux niveaux d’ouvertures réparties en sept travées. En avancée, les deux travées de chaque extrémité sont délimitées par des pilastres corniers. L’entrée principale occupe la travée du centre. Au-dessus de l’entablement, un étage-attique de grande hauteur et le dôme complètent cette composition imposante et parfaitement symétrique. L’ensemble exprime une monumentalité certaine, à laquelle contribuent tout particulièrement la colonnade et son fronton que l’on voit de loin sur la rue Saint-Jacques de même que le dôme visible de plus loin encore. Le dôme rappelle également la Rome antique. Les proportions de cette composition purement classique suivent de très près les règles codifiées par l’architecte de la Renaissance Andrea Palladio. Cette façade des années 1840 s’inscrit ainsi dans la phase finale du grand mouvement néoclassique occidental, avec un accent palladien très prisé dans l’Empire britannique. L’étage-attique et le dôme du début du XXe siècle de même que toute la partie arrière s’inscrivent quant à eux dans le renouveau classique proprement nord-américain, un courant plus tardif puisant à sa manière dans les méthodes et les ressources documentaires de l’École des beaux-arts de Paris. Charles McKim, qui a étudié à Paris, est un chef de file de ce mouvement.

Une telle image inspirée de l’Antiquité paraît appropriée pour une banque d’importance dans les années 1840 ; il l’est de nouveau dans les années 1900. La Banque de Montréal joue même un rôle initiateur à cet égard, son style devenant au Canada un indice de fonction bancaire. En effet, la monumentalité de l’ensemble annonce d’emblée un important siège social. Le dôme laisse par ailleurs supposer un vaste vaisseau à l’intérieur et les fenêtres, la présence de bureaux. Quant à l’imposant portique qui précède la grande porte, il ajoute un caractère semi-public intimidant. À l’arrière, la partie inférieure de la façade, traitée comme un soubassement à bossages en table, exprime le caractère inexpugnable des voûtes, tandis que les hautes fenêtres laissent deviner de grands volumes intérieurs.

Éléments décoratifs extérieurs significatifs

Le fronton historié créé par John Steel en 1867 contient en son centre les armoiries de la Banque, qui intègrent celles de la Ville de Montréal, flanquées de deux Amérindiens. L’inscription Bank of Montreal – en lieu et place de Corporation Montreal – identifie l’institution. Des deux côtés des Amérindiens sculptés en ronde bosse sont sculptés deux autres personnages et divers objets de facture très réaliste qui représentent des activités commerciales, maritimes, agricoles et industrielles. Sur le mur à l’arrière des colonnes, des plaques commémoratives de 1917 rappellent le centenaire de l’institution avec ses armoiries.

Intérieur accessible au public

Le plan symétrique, d’esprit beaux-arts, comprend un axe principal et des axes secondaires hiérarchisés. L’axe central offre un parcours monumental allant du hall d’entrée à un atrium qui conduit à la grande salle des guichets parallèle à la rue Saint-Antoine. Le hall d’entrée, aménagé au début du XXe siècle dans l’ancien bâtiment de Wells, donne à voir, au-dessus des bureaux de direction, la « nouvelle » coupole qu’annonçait le dôme extérieur. L’atrium permet de franchir l’arrière de l’ancien bâtiment et la passerelle (devenue imperceptible), mais tout paraît logé dans un seul vaste bâtiment. Le grand volume rectangulaire de la salle des guichets, entouré de colonnades et d’espaces latéraux plus étroits, est quant à lui inspiré des basiliques romaines où se traitaient affaires juridiques, commerciales et financières – les basiliques paléochrétiennes construites au IVe siècle suivaient ce modèle.

Le passage de l’ordre ionique dans l’atrium à l’ordre corinthien dans la salle des guichets ponctue le parcours. McKim aurait emprunté le module corinthien au portique de John Wells, reprenant les proportions et les chapiteaux qui lui paraissaient parfaitement adéquats. Partout, dans le hall comme dans l’atrium et la « basilique », un décor mural en marbre représente les ordres classiques, avec entre autres des entablements sobrement ornés. La complexité des volumes sous la coupole, dans le hall d’entrée, peut rappeler les recherches de l’époque baroque, mais tout le vocabulaire architectural y est gréco-romain comme dans les autres espaces. Dans l’atrium et la basilique (d’affaires), les bases de colonne en marbre noir de Belgique et les fûts en syénite vert foncé du Vermont (un granit) contrastent avec le marbre rosé de Knoxville employé pour les piliers et les pilastres. Les chapiteaux sont en bronze doré et les ornements des plafonds recouverts d’or posé à la feuille. Même dans l’expression de la richesse, on a voulu que tout soit classique, simple et digne.

En 1905, l’oeil était attiré dès l’entrée vers une grande horloge entourée des attributs impériaux britanniques qui couronnait une grille ouvragée donnant accès à un escalier menant aux voûtes. Ces éléments sont restés en place mais la statue Patria d’inspiration classique, en marbre blanc, dévoilée en 1923, est devenue le point focal de la perspective de bienvenue; elle a transformé l’atrium conduisant vers la basilique (d’affaires) en un temple à la mémoire des employés morts au combat.

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Tympan historié du fronton, sculpté par John Steele, 1867.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
La coupole de la Banque de Montréal vue du hall d’entrée.
Photographie Gina Garcia, 2006
 
L’atrium vu du hall d’entrée.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
 
La grande salle des guichets.
Photographie Gilles Lauzon, 2008
 
Détails du décor architectural à l’antique.
Photographie Gina Garcia, 2006
 
La Victoire, ou Patria, par le sculpteur américain James Earle Fraser, 1923.
Photographie Gina Garcia, 2006
 
Construction initiale  
 
Date de construction :

1845-1847

Concepteur de la construction :
Propriétaire constructeur :
  • Banque de Montréal
    (propriétaire à partir de 1954)
Commentaire sur la construction

Michelle Nolin-Raynauld a démontré que la façade était distincte de celle de la Commercial Bank of Scotland d’Édimbourg et que Wells avait rigoureusement suivi les proportions recommandées par Palladio pour une telle composition.

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Fonction(s) d'origine  
 
Fonction(s) spécifique(s) :
  • banque
Fonction(s) générale(s) :
  • finance
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Autres travaux – Modifications  
 
Travaux 1 :
    Date des travaux : 1859
    Modification à la volumétrie verticale du bâtiment.
    Démolition partielle du bâtiment.

    Toiture et dôme d'origine enlevés, remplacés par un nouvel étage-attique avec toiture plate.
Travaux 2 :
    Date des travaux : 1885-1886
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Réaménagement de l'intérieur et construction d'adjonctions des deux côtés et à l’arrière, et ce, jusqu'à la ruelle des Fortifications.
Concepteur :
  • Taylor, Gordon & Bousfield
    (agence d'architecte)
Travaux 3 :
    Date des travaux : 1901-1905
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.
    Modification à la volumétrie verticale du bâtiment.

    Construction d'un corps de bâtiment rue St-Antoine; ancien bâtiment (déjà modifié en 1885-1886) entièrement réaménagé à l'intérieur et ajout d'un nouveau dôme (1903); lien au-dessus de la ruelle des fortifications.
    Les auteurs montréalais ont longtemps donné Stanford White, de l’agence McKim, Mead and White, comme l’architecte principal du projet, ce qui semble provenir de publications de la Banque de Montréal des années 1940 et 1960. Les sources américaines et un document interne non publié de la Banque (1924) identifient très clairement Charles McKim comme le concepteur. On sait par ailleurs qu’Andrew T. Taylor, un architecte de Montréal qui supervisait le projet, était surtout en contact avec William R. Mead, l’associé chez McKim, Mead and White, qui voyait surtout au bon fonctionnement des projets et de l’agence.
Concepteurs :
  • McKim, Mead & White
    (agence d'architecture)
    Informations concernant la carrière du concepteur
  • Charles Follen McKim
    (architecte -- architecte principal)
  • William R. Mead
    (architecte -- suivi administratif)
  • Andrew T. Taylor
    (architecte -- superviseur de chantier)
Travaux 4 :
    Date des travaux : 1912-1913
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Adjonction à droite du premier corps de bâtiment pour faire le lien avec le nouvel édifice de la Royal Trust Co., filiale de la Banque de Montréal.
Concepteur :
Travaux 5 :
    Date des travaux : vers 1920
    (1918-1926)
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Élargissement important de la passerelle entre les deux corps de bâtiments, ce qui amène un réaménagement de la partie centrale du rez-de-chaussée. Les travaux ont lieu entre 1918 et 1926 (un dessin publié cette année-là montre les murs modifiés), mais plus probablement avant l’installation de la statue Patria dévoilée en 1923.
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Autres propriétaires ou locataires (sélectif)  
 
Propriétaires :
Locataires :
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Protections patrimoniales du bâtiment  
 
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré).
    Anciennement un arrondissement historique (1995-04-26) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivante :
  • Situé dans un secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle Vieux-Montréal (juridiction municipale)
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Numéros de référence  
 
Bâtiment :

0040-23-2008-01

Propriété :

0040-23-2008
Fiche 1 de 2 sur cette propriété

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Pour plus d'informations...  
 

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

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