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FICHE D'UN BÂTIMENT 
Identification  
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Façade principale, rue Saint-Pierre, et façade latérale gauche.
Photographie Gilles Lauzon, 2009
 
Façade principale, rue Saint-Pierre, et façade latérale droite.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
L'édifice vers 1910 ; carte postale de Neurdein Frères.
©Musée McCord d’histoire canadienne, Archives photographiques Notman, MP-0000.811.10. Collaboration spéciale dans le cadre d’un partenariat.
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Caserne Centrale de pompiers

Autres appellations :
  • Ancienne caserne centrale des pompiers
  • Centre d'Histoire de Montréal
  • Quartier général du service d'incendie
Adresses civiques :
Construction et  
modifications majeures :

1903-1904/ 1980-1983

Plans de localisation :
Caractères physiques :
  • Nombre d'étages : 2½
    l'étage de comble est compté comme une moitié d'étage
    Avant-corps de trois étages; section arrière de deux étages, et tour de guet et de séchage.
  • Matériau dominant : pierre
  • Type de toit principal : à deux versants

Pour plus d'information sur les caractères physiques du bâtiment, veuillez consulter le relevé des caractères physiques.

Pierre :

En l'absence d'une mention de confirmation, l’identification « pierre grise de Montréal [calcaire] » est présumée d’après l’apparence et l’époque d’utilisation.

Avertissement :

Depuis sa construction, l’immeuble porte l’inscription « Caserne centrale de pompiers – Central Fire Station » mais les sources récentes démontrent que le bâtiment n’a jamais été utilisé ni comme quartier général ni comme central d’alarmes, contrairement à ce qui semble avoir été prévu à l'origine.

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Histoire du bâtiment  
 

La Ville de Montréal construit cette caserne en 1903-1904 pour le « Département du feu de la Cité de Montréal ». Ce chantier fait partie d’un effort important consenti de 1901 à 1904 pour améliorer les équipements du Département et fait suite à un grave incendie survenu en 1901 dans le secteur de cette nouvelle caserne. On construit alors deux autres casernes à Montréal et on en rénove plusieurs, en leur ajoutant notamment des tours pour le séchage des boyaux. Cette caserne se situe à l’emplacement exact du marché aux poissons (1871) démoli en 1901 en même temps que le second marché Sainte-Anne de l’autre côté de la rue Saint-Pierre. La caserne se retrouve ainsi au centre de la nouvelle place d’Youville de forme très allongée. Les architectes Joseph Perrault et Simon Lesage, associés au moins pour ce projet, conçoivent le bâtiment. On lui attribue le no 1 – que porte jusqu’alors la caserne centrale de la rue Craig (Saint-Antoine) qui doit être démolie – car elle doit servir de quartier général. Mais elle ne servira ni de quartier général ni de central d’alarmes – alors tous deux installés à l’hôtel de ville. La caserne, utilisée dès l’été 1904, est inaugurée le 26 décembre de la même année.

L’édifice comporte tout l’équipement et les ressources d’une caserne moderne du début du XXe siècle incluant des voitures de divers types, une écurie pour les chevaux, des dortoirs et une salle de récréation pour les pompiers, un logement de fonction pour le capitaine et sa famille et une tour pour le séchage des boyaux. Le capitaine doit probablement renoncer à son logement de fonction dès les années 1910 et la caserne reçoit certainement des véhicules motorisés entre les deux grandes guerres. À une date inconnue, la caserne perd des lucarnes et des éléments décoratifs de toiture. Elle ferme en 1972.

En 1980-1981, l’extérieur est restauré et l’intérieur rénové afin de permettre l’aménagement du Centre d’histoire de Montréal. Ouvert en 1983, ce centre d’interprétation consacré à l’histoire montréalaise est entièrement réaménagé en 2001. Enfin, le Centre d’histoire de Montréal a fait l’objet d’importants travaux de consolidation et de restauration extérieure en 2009-2010.

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Élévation principale, rue Saint-Pierre, donnant aussi sur la partie ouest de la place D’Youville.
©Ville de Montréal, vers 1995.
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Élévation latérale gauche, place D’Youville.
©Ville de Montréal, vers 1995.
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Élévation arrière, place de la Grande-Paix-de-Montréal (anciennement partie est de la place D’Youville).
©Ville de Montréal, vers 1995.
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Architecture  
 

Ce bâtiment rectangulaire de deux étages (incluant le rez-de-chaussée) comprend aussi un étage de comble percé de lucarnes à l’avant et une tour à l’arrière. Les extrémités sont coiffées de toits à deux versants alors qu’un toit plat recouvre la section centrale. Le revêtement combine de la pierre grise de Montréal (calcaire), surtout au niveau du soubassement, de la brique rouge et du grès chamois. Implanté au centre de la longue place D’Youville, l’édifice contribue par son implantation et sa façade principale à bien circonscrire la partie ouest de la place.

Si l’on fait abstraction de l’entrée latérale en retrait, la façade principale est symétrique et d’esprit classique. Le jeu complexe de volumes et les quatre élévations qui en découlent sont en revanche franchement asymétriques. Ils confèrent à l’immeuble un caractère pittoresque que renforce la panoplie des vocabulaires architecturaux utilisés. Les arcs cintrés de la façade peuvent d’emblée être associés à la tradition classique mais également à l’architecture romane, d’autant plus qu’ils reposent sur des colonnes trapues aux chapiteaux d’inspiration médiévale. La composition comprend des emprunts à diverses traditions classiques du nord de l’Europe, tels les pignons chantournés des Pays-Bas prisés également dans l’Angleterre des Tudor, les croisées et les chaînes de pierre harpées alternant avec la brique comme dans la France des XVe et XVIIe siècles ou encore les serliennes d’origine italienne. Une frise médiévale faite de feuillages sculptés couronne la façade et la tour décentrée rappelle l’Italie romane malgré certains détails classiques. Cet exercice de style d’inspiration principalement britannique (voir la légende détaillée de la première photographie) constitue en 1903-1904 un véritable manifeste éclectique en opposition évidente avec le renouveau classique prenant alors forme en Amérique du Nord.

Les grandes portes couvertes par les arcs à l’avant et la tour de séchage des boyaux à l’arrière révèlent la fonction d’origine de l’édifice. Les fenêtres basses de la partie arrière indiquent l’emplacement probable de l’ancienne écurie surmontée d’un fenil sans fenêtres. Les fenêtres à l’étage correspondent aux quartiers des pompiers comprenant probablement dès l’origine une vaste salle de récréation à l’avant – les grandes fenêtres – et des dortoirs plus loin vers l’arrière tandis que l’étage de comble de la partie avant pouvait loger le capitaine et sa famille.

Éléments décoratifs extérieurs significatifs

Les inscriptions « Caserne centrale de pompiers » et « Central Fire Station », sur la frise au-dessus du rez-de-chaussée, rappellent à la fois la fonction d’origine et le projet jamais concrétisé d’en faire une caserne centrale (quartier général et/ou central d’alarmes). Entre les arcades des grandes portes sont sculptées les armoiries de Montréal ainsi qu’un assemblage d’attributs des pompiers – casque, échelle, hache, porte-voix, boyau, etc. Ce dernier bas-relief semble conçu expressément pour décorer ce poste plutôt que pour représenter le Département du feu de l’époque qui n’a pas de telles armoiries. À cela j’ajoute l’année du début de construction – 1903 – dans le fronton de la lucarne centrale.

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Élévation latérale droite, place D’Youville.
©Ville de Montréal, vers 1995.
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Détail de la façade principale incluant deux bas-reliefs sculptés.
Photographie Gilles Lauzon, 2009
 
Détail de la partie supérieure de la façade principale.
Photographie Gilles Lauzon, 2009
 
Construction initiale  
 
Date de construction :

1903-1904

Concepteur de la construction :
  • Perrault et Lesage
    (architectes)
Propriétaire constructeur :
  • Ville de Montréal
    (propriétaire à partir de 1903)
Commentaire sur la construction

Les sources donnent généralement les noms de Joseph Perrault et Simon Lesage séparément mais le devis du dossier de la Ville fait bien mention de Perrault et Lesage, architectes.

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Fonction(s) d'origine  
 
Fonction(s) spécifique(s) :
  • caserne de pompiers
Fonction(s) générale(s) :
  • édifice public ou institution
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Autres travaux – Modifications  
 
Travaux 1 :
    Date des travaux : 1980-1983
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    En 1980-1981, restauration de l’extérieur et rénovation intérieure de la structure en vue de la conversion de l’immeuble en centre d’interprétation muséale, ce projet étant complété en 1983.
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Autres propriétaires ou locataires (sélectif)  
 
Propriétaires :
  • Ville de Montréal : Centre d'histoire de Montréal
    (propriétaire à partir de 1983)
Locataires :
  • Caserne de pompiers No 1
    (locataire de 1904 à 1972)
    Deuxième et dernière caserne à porter ce numéro.
  • Centre d'histoire de Montréal
    (locataire à partir de 1983)
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Protections patrimoniales du bâtiment  
 
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré).
    Anciennement un arrondissement historique (1964-01-08) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivante :
  • Situé dans un secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle Vieux-Montréal (juridiction municipale)
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Numéros de référence  
 
Bâtiment :

0039-49-4025-00

Propriété :

0039-49-4025
Fiche 1 de 1 sur cette propriété

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Pour plus d'informations...  
 

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

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