Vieux-Montréal : accueil Vieux-Montréal : index Vieux-Montréal : contactez-nous
  Retour au secteur Retour au hall
FICHE D'UN BÂTIMENT 
Identification  
Cliquez sur l'image, pour une version agrandie.
 
La façade, vue du parvis du palais de justice.
©Denis Tremblay, 2015
 
L'immeuble vers 1910.
©Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Albums de rues E.Z. Massicotte, notice : 00022731643 (MAS 3-175-e) (détail).
 
Dessin de l'élévation.
©Ville de Montréal, vers 1995.
Cliquez sur le dessin pour
une version agrandie.
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Maison-magasin Joseph-Hall

Autre appellation :
  • L'Arche
Adresse civique :
Construction et  
modifications majeures :

vers 1847/ vers 1929 / vers 1990 

Plans de localisation :
Caractères physiques :
  • Nombre d'étages : 4
  • Matériau dominant : pierre
  • Type de toit principal : plat

Pour plus d'information sur les caractères physiques du bâtiment, veuillez consulter le relevé des caractères physiques.

Pierre :

En l'absence d'une mention de confirmation, l’identification « pierre grise de Montréal [calcaire] » est présumée d’après l’apparence et l’époque d’utilisation.

Ce bâtiment fait partie
de l'ensemble suivant :

Cliquez sur le nom de l'ensemble pour obtenir la liste des bâtiments de cet ensemble.

haut de page
Histoire du bâtiment  
 

Joseph N. Hall fait construire cette maison-magasin vers 1847. En 1841, il se portait acquéreur de cet emplacement avec une maison en pierre de deux étages dans laquelle il établissait son commerce et sa résidence. En 1847, demeurant alors rue Saint-Jacques, il déménage son magasin rue Saint-Paul dans ce qui serait cet immeuble nouvellement construit en lieu et place de l'ancien. Après avoir été vacant quelques mois, une partie de l’immeuble, dès lors de trois étages (incluant le rez-de-chaussée), est loué à Isaac Jacobs à compter du mois de septembre. Dès la construction, une aile en brique de deux étages relie le bâtiment à une dépendance à l’arrière, à gauche. Hall en conserve la propriété jusqu’à son décès en 1860; elle appartient ensuite à ses héritiers pendant 23 ans.

Le bâtiment est utilisé à des fins commerciales et résidentielles jusqu’aux premières décennies du XXe siècle. Les locataires y pratiquent des occupations diverses. Fourreur, chapelier, marchand de chaussures, confiseur, barbier, photographe, graveur, restaurateur y font des affaires et y résident parfois. Certains s’y établissent particulièrement longtemps, notamment le dentiste John H. Webster (1855-1889), qui a précédemment administré la première anesthésie au Québec dans l'immeuble voisin, et le bijoutier Joseph Ulric Thibaudeau (1895-1917). Mathilde Barette (épouse de William Irvine) qui possède déjà la propriété voisine à droite, se porte acquéreur de celle-ci en 1891. Elle réalise des travaux qui touchent d'autres bâtiments donnant sur la cour, tout en maintenant un droit de passage qui existait vers la rue Saint-Jean-Baptiste. Une adjonction en brique d’un étage est ajoutée à l’arrière de la partie droite du présent bâtiment à la même époque.

Derrière la diversité d'occupation se cache une vocation particulière, dans le monde des arts, dont on a longtemps perdu la mémoire. Un premier graveur s'installe au rez-de-chaussée en 1893 suivi par d'autres au début du XXe siècle, dont le renommé illustrateur Edmond-Joseph Massicotte, locataire d'un local de 1903 à 1915. L'étage de comble est par ailleurs loué à des artistes peintres à compter de 1904 et l'atelier de l'Arche, comme on l'appelle, est fréquenté par des peintres, poètes, musiciens, écrivains, comédiens et autres intellectuels. Les peintres du groupe de la Montée Saint-Michel sont les derniers à occuper l'Arche. Le bail détenu par l'un d'eux n'est pas renouvelé en 1929, ce qui marque la fin de l'Arche et suggère la démolition de l'étage de comble cette année-là ou la suivante.

En 1914, l’immeuble devient aussi l’hôte du tailleur M. A. Brodeur qui y tient son atelier jusqu’en 1947 (il habite ailleurs). Entretemps, Charles-Odilon Beauchemin achète l’ensemble des héritiers Barette en 1927, et il ferait exécuter les travaux réalisés vers 1929 . Un restaurant s’installe au rez-de-chaussée dans les années 1930 pour une cinquantaine d’années. Les grossistes de dry goods (tissus, mercerie et peut-être d’autres produits) Honoré Petit & Fils occupent une partie des étages à compter de 1940 jusqu’en 1965.

Des rénovations commencées vers 1990 comprennent un agrandissement à l'arrière qui fait disparaître une courette ainsi que l’ajout d’un étage en retrait par rapport à la rue. Les travaux intérieurs touchent aussi deux bâtiments voisins et s'accompagnent d'une transformation en copropriété portant sur les trois bâtiments contigus. La majeure partie est occupée par des bureaux d'avocats, une vocation nouvelle renforcée par la présence d'une librairie juridique dans un local commercial du rez-de-chaussée, à côté d'un commerce de photographie. En 2015, en plus des commerces et bureaux, l'immeuble en copropriété comprend aussi un grand logement.

Voir aussi les informations sur le ou les ensembles dont ce bâtiment fait partie.

haut de page
 

photographie Denis Tremblay, 1998
 

©Denis Tremblay, 2008
 
Plaque commémorative sur l'Arche.
©Denis Tremblay, 2015
 
Architecture  
 

La façade rappelle toujours la maison-magasin d'origine, abstraction faite de la partie supérieure. Il subsiste les pilastres et l'entablement très simples du rez-de-chaussée commercial, d'esprit néoclassique. On reconnaît également les anciens étages résidentiels revêtus de pierre de taille uniforme, avec des assises de bonne hauteur, à joints maigres. À chaque extrémité de l'entablement du rez-de-chaussée se trouve un petit ensemble décoratif composé d'une console à volute supportant un carré avec, en retrait, un losange en pointe de diamant; cet élément de décor pourrait être postérieur à la construction − on l'entrevoit sur une photographie prise vers 1910. On a pu s'en inspirer pour réaliser vers 1929 le décor à motifs géométriques qui couronne la façade, sans doute en fausse pierre; les losanges et les lignes horizontales s'inscrivent dans le courant Art déco. Les fenêtres à carreaux verticaux, sans doute remplacées dans les années 1990, pourraient être inspirées de celles de 1929. La verrière de l'étage supérieur en retrait date quant à elle des travaux des années 1990.

Les entrées, les vitrines et l'aménagement du rez-de-chaussée ont changé à travers le temps, mais les deux pilastres du centre, qui encadrent aujourd'hui l'entrée du commerce de droite, marquaient anciennement un accès aux étages (vers 1910 à tout le moins). La porte de gauche dessert aujourd'hui tout l'immeuble rénové en plus de la boutique attenante. Il y a par ailleurs toujours eu un accès à l'arrière par un passage donnant sur la rue Saint-Jean-Baptiste, d'où l'absence de porte cochère en façade.

haut de page
Construction initiale  
 
Date de construction :

vers 1847 (entre 1842 et 1847)

Propriétaire constructeur :
  • Joseph N. Hall (marchand de quincaillerie)
    (propriétaire du 1841-11-02 au 1860-01-01)
    Hall décède en 1860 et ses héritiers conservent la propriété jusqu’en 1883.
Locataire ou autre
usager d'origine :
  • Isaac Jacobs (gentilhomme)
    (locataire du 1847-09-01 au 1848-04-30)
    Jacobs loue le magasin de droite avec les deuxième et troisième étages, la cave au-dessous et l’accès à la cour.
Commentaire sur la construction

Hall a fait construire la maison-magasin entre son acquisition de 1841, alors que se trouve sur le terrain une maison de deux étages, et l’automne 1847, moment où il loue le bâtiment de trois étages (notaire P. Lacombe, 6 novembre 1841; notaire J. Belle, 1er décembre 1847). Comme Hall déménage définitivement son commerce rue Saint-Paul en 1847 et que le rôle foncier indique la mention vacant cette même année, il est possible de croire que la construction du nouvel immeuble ait eu lieu à l’été 1847.

haut de page
Fonction(s) d'origine et type particulier  
 
Fonction(s) générale(s) :
  • commerce
  • habitation
Type particulier de bâtiment :
  • maison-magasin
Commentaire

La fonction résidentielle se poursuit jusqu’au début du XXe siècle.

haut de page
Autres travaux – Modifications  
 
Travaux 1 :
    Date des travaux : vers 1929
    Modification à la volumétrie verticale du bâtiment.
    Disparition d'une toiture en pente ou mansardée.

    L'étage de comble est démoli et la toiture à deux versants remplacée par un toit plat. La haute frise décorative à motifs géométriques est probablement mise en place.

    On sait par les plans anciens que ces travaux ont été réalisés entre 1918 et 1940. De plus, le bail des occupants de l'étage de comble n'a pas été renouvelé par le propriétaire en 1929, ce qui suggère que les travaux ont suivi de peu ce non-renouvellement.
Travaux 2 :
    Date des travaux : vers 1990
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    L’immeuble fait l’objet de travaux de restauration pour lesquels des subventions ont été accordées. Un étage est notamment ajouté sur la partie arrière. Pour plus de détails, voir la fiche de l'ensemble dont ce bâtiment fait partie.

haut de page
Autres propriétaires ou locataires (sélectif)  
 
Propriétaires :
  • Mathilde Barrette (hôtelière)
    (propriétaire du 1891-01-09 à v. 1903)
    Mathilde Barrette décède vers 1903 et sa succession conserve la propriété jusqu’au 11 mai 1927.
  • Charles-Odilon Beauchemin (fils) (rentier)
    (propriétaire du 1927-05-11 au 1975-12-15)
    Beauchemin est membre de la célèbre famille d'imprimeurs.
Locataires :
  • John H. Webster (dentiste)
    (locataire de 1855 à 1889)
  • Joseph Ulric Thibaudeau (bijoutier)
    (locataire de 1895 à 1917)
  • Edmond-Joseph Massicotte
    (locataire de 1903 à 1915)
    Dessinateur et graveur reconnu, il est le frère de l'archiviste et collectionneur Léon-Zotique Massicotte. Massicotte est l'un des graveurs qui louent des locaux dans l'immeuble.
  • L'Arche
    (locataire de 1904 à 1929)
    L'Arche est le nom que l'on donne à l'atelier qui occupe l'étage de comble, et qui semble même désigner tout l'immeuble dans un réseau intellectuel de l'époque. En réalité, les locataires sont les artistes peintres personnellement responsables du bail, à commencer par Émile Vézina en 1904. Le groupe informel des peintres de la montée Saint-Michel sont les derniers occupants, le dernier détenteur du bail étant Ernest Aubin.
  • M. A. Brodeur (marchand tailleur)
    (locataire de 1914 à 1947)
  • Honoré Petit & Fils (grossistes de dry goods)
    (locataire de 1940 à 1965)
haut de page
Protections patrimoniales du bâtiment  
 
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré).
    Anciennement un arrondissement historique (1964-01-08) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivante :
  • Situé dans un secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle Vieux-Montréal (juridiction municipale)
haut de page
Numéros de référence  
 
Bâtiment :

0040-45-6212-01

Propriété :

0040-45-6212
Fiche 1 de 3 sur cette propriété

haut de page
Pour plus d'informations...  
 

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

haut de page
 
Vieux-Montréal