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FICHE D'UN BÂTIMENT 
Identification  
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Façade principale, rue Saint-Paul Ouest, à l'angle de la rue Saint-Pierre.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
Le bâtiment photographié vers 1910
©Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Albums de rues E.Z. Massicotte, 7-98-b.
 
La façade de la rue Saint-Pierre.
©Denis Tremblay, 2014
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Maison-magasin François-Benoît

Adresses civiques :
Construction et  
modifications majeures :

1849-1850/ vers 1900 

Plans de localisation :
Caractères physiques :
  • Nombre d'étages : 3½
    l'étage de comble est compté comme une moitié d'étage
  • Matériau dominant : pierre
  • Type de toit principal : en pavillon

Pour plus d'information sur les caractères physiques du bâtiment, veuillez consulter le relevé des caractères physiques.

Pierre :

En l'absence d'une mention de confirmation, l’identification « pierre grise de Montréal [calcaire] » est présumée d’après l’apparence et l’époque d’utilisation.

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Histoire du bâtiment  
 

Cette maison-magasin est construite en 1849-1850. L'aubergiste François Benoît acquiert ce terrain dès 1843, mais il conserve les anciennes bâtisses (deux immeubles de deux étages dont une maison en pierre et une autre en brique) jusqu'en 1849. Cette année-là il engage le maçon Vital Gibault pour construire un nouvel édifice de trois étages en pierre taillée. La mort subite de Gibault, à peine quelques semaines après la signature du marché, force Benoît à engager François-Xavier Boucher et Étienne Couturier dit Lajoie afin de compléter l'immeuble. Le tout est terminé en mai 1850, le rôle foncier indique cette année-là la présence de trois magasins et logements vacants. En 1851, Léandre Lafontaine, marchand de dry goods (tissus, mercerie et peut-être d'autres produits), occupe un des magasins et habite sur les lieux. Il y reste jusqu'en 1858. Il s'agit du premier occupant digne de mention; en 1851, un autre marchand, Charles Bockus, occupe un local, sans habiter sur place, pour très peu de temps. De 1863 à 1866, des marchands et agents de manufacturiers de laine occupent à eux seuls tout l'immeuble, sans y habiter. La conversion fonctionnelle en magasin-entrepôt semble alors définitive. On y retrouve ensuite divers commerçants.

Il existe aussi à l'arrière un bâtiment distinct, anciennement séparé de l'autre par une cour, mais dont l'étroite façade est très semblable à celle du bâtiment principal, ce qui suggère une construction à la même époque. L'espace résiduel entre les deux bâtiments est comblé vers 1900 (entre 1890 et 1909), avec un parement en pierre taillée, mais de facture plus simple que sur les deux corps de bâtiment plus anciens. L'édifice occupe désormais tout le lot. Vers 1890, James Fyfe, manufacturier de balances, s'établit dans l'immeuble et, en 1901, il achète la propriété des héritiers de Benoît avant de la céder en 1906. Il serait donc plausible que ces travaux soient réalisés pour ses besoins. Hiram Johnson, marchand de fourrures, achète la propriété en 1906. Bien qu'il occupe les lieux pendant seulement quatre ans avant son décès prématuré, cet achat inaugure une période de 65 ans pendant laquelle la transformation des fourrures, très présente dans cette partie du quartier, est la principale activité exercée dans l'immeuble. Harry Richer, marchand fourreur, l'occupe de la fin des années 1930 jusqu'au début des années 1970 tandis que la succession C.S. Rodier en est propriétaire de 1941 à 1974.

En 1975, René Delbuguet, le nouveau propriétaire, convertit le bâtiment en immeuble de bureaux avec des commerces au rez-de-chaussée. La maison de production Via le Monde, du cinéaste Daniel Bertolino, y occupe notamment des locaux jusqu'au début du XXIe siècle. Vendu en l'an 2000, l'immeuble fait l'objet de nouveaux travaux, avant d'autres transactions et de possibles travaux supplémentaires. Dans les années 2010, on y trouve des locaux commerciaux et des logements en location.

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Élévation donnant sur la rue Saint-Pierre (toiture dessinée incorrectement).
©Ville de Montréal, vers 1995.
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Détail de la devanture.
©Denis Tremblay, 2014
 
Une partie de la façade latérale, anciennement isolée.
©Denis Tremblay, 2006
 
Architecture  
 

Cet immeuble présente clairement toutes les caractéristiques d'une maison-magasin donnant sur la rue Saint-Paul Ouest, et d'une seconde, plus petite, sur la rue Saint-Pierre; une ancienne cour étroite qui les séparait reste perceptible grâce aux détails de la façade latérale qui permettent de distinguer l'adjonction réalisée vers 1900. Un toit à deux pentes et à croupe coiffe encore l'ancien bâtiment de la rue Saint-Paul. Un autre toit en pente peu visible de la rue couvre la partie arrière (ancien bâtiment distinct) et un toit plat, entre les deux, complète le tout.

Chacune des deux anciennes maisons-magasins (rue Saint-Paul et rue Saint-Pierre) comporte toujours de grandes vitrines au rez-de-chaussée (sans les grands carreaux d'origine) ainsi qu'un parement de pierre taillée uniforme et des fenêtres placées de façon régulière pour les appartements des étages. Ce sont autant d'éléments typiques des maisons-magasins. Font aussi partie de ces éléments les pilastres et entablements d'esprit néoclassique dans les devantures commerciales. Une partie de la devanture de la rue Saint-Paul provient toutefois d'une époque plus tardive.

Les entrées, modifiées au fil du temps, donnent accès aux commerces du rez-de-chaussée et aux logements des étages (peut-être aussi à des bureaux). Au-delà des nuances et malgré sa relative complexité, cet immeuble reste l'un des meilleurs exemples de maison-magasin dans le Vieux-Montréal et, historiquement parlant, l'une des dernières avant la grande vague des magasins-entrepôts.

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Construction initiale  
 
Date de construction :

1849-1850

Concepteur de la construction :
  • Vital Gibault
    (maçon)
  • François-Xavier Boucher
    (maçon)
  • Etienne Couturier dit Lajoie
    (maçon)
Propriétaire constructeur :
  • François Benoît (aubergiste)
    (propriétaire du 1843-07-18 à 1865)
Locataire ou autre
usager d'origine :
  • Léandre Lafontaine (marchand de vêtements)
    (locataire de 1851 à 1858)
    Selon les annuaires, de 1851 à 1855, Léandre Lafontaine, marchand de dry goods, n'a pas d'autre adresse que celle du bâtiment, où il habiterait en plus d'y tenir commerce. De 1855 à 1858, ce sont Lafontaine & Cinq-Mars, magasin de vêtements (clothing store); Lafontaine habiterait encore sur place, mais pas Cinq-Mars.
  • Charles Bockus (marchand)
    (locataire de 1851 à 1852)
Commentaire sur la construction

Suite au décès de Gibault, quelques semaines après la signature du contrat, un autre contrat est signé avec les maçons Boucher et Couturier dit Lajoie. On a construit deux bâtiments sur le lot, d'abord séparés par une étroite cour. Le second, dont la façade est toujours en place, donne sur la rue Saint-Pierre. Cette partie n'a pas pu être datée. Vu sa facture très semblable à celle de l'immeuble principal, on peut penser que ce deuxième immeuble a été construit en même temps ou peu après l'immeuble principal.

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Fonction(s) d'origine et type particulier  
 
Fonction(s) spécifique(s) :
  • logements
Fonction(s) générale(s) :
  • commerce
  • habitation
Type particulier de bâtiment :
  • maison-magasin
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Autres travaux – Modifications  
 
Travaux 1 :
    Date des travaux : vers 1900
    (entre 1890 et 1909)
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Adjonction dans l'ancienne cour, avec une façade donnant sur la rue Saint-Pierre et reliant deux bâtiments plus anciens. Absente d'un plan (Goad) de 1890, cette adjonction est présente sur un autre de 1909.
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Autres propriétaires ou locataires (sélectif)  
 
Propriétaires :
  • succession François Benoît
    (propriétaire de 1865 au 1901-07-23)
  • Hiram Johnson (marchand de fourrures)
    (propriétaire du 1906-07-09 au 1910-01-21)
  • succession Charles Séraphin Rodier
    (propriétaire du 1941-05-09 à 1974)
    Il s'agit de Charles-Séraphin Rodier (décédé en 1890), neveu de l'ancien maire du même nom (décédé en 1878). Ce Rodier possédait une fortune immobilière considérable.
  • René Delbuguet (restaurateur)
    (propriétaire de 1974 au 2000-04-13)
    Photographe et restaurateur, il ne semble pas avoir utilisé l'immeuble pour ses besoins, du moins pas de façon marquante. Le bâtiment locatif constituerait plutôt un investissement. En 1975, il est encore un pionnier de la remise en valeur du Vieux-Montréal. Après un transfert à une compagnie lui appartenant, en 1999, l'immeuble est vendu à d'autres investisseurs en 2000.
Locataires :
  • James Fyfe (manufacturier de balances)
    (locataire de v. 1890 au 1901-07-23)
    Fyfe en devenait propriétaire en 1901, pour cinq ans.
  • Thomas Webster Limited (plombier)
    (locataire de v. 1940 à v. 1965)
  • Harry Richer (marchand de fourrures)
    (locataire de 1940 à v. 1970)
  • Productions Via le Monde Inc. (production de films)
    (locataire à partir de 1976)
    Cette entreprise occupe le troisième étage.
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Protections patrimoniales du bâtiment  
 
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré).
    Anciennement un arrondissement historique (1964-01-08) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivante :
  • Situé dans un secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle Vieux-Montréal (juridiction municipale)
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Numéros de référence  
 
Bâtiment :

0039-39-8924-00

Propriété :

0039-39-8924
Fiche 1 de 1 sur cette propriété

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