8e Conférence mondiale des villes historiques
    ACCUEIL    LISTE D'ENVOI    CONTACT  
THÉMATIQUES PROGRAMME NOUVELLES PARTENAIRES DÉCLARATION DE MONTRÉAL
      DISCOURS DE CLÔTURE PHOTOS
 RAPPORT SYNTHÈSE  ENGLISH   
   TABLE DES MATIÈRES   |  SOMMAIRE   |   JOUR 1   |   JOUR 2   |   JOUR 3   |   Le rapport en format PDF
   JOUR 1   |   LES ATELIERS   |   CÉRÉMONIES D'OUVERTURE   

Jour 1 - lundi 6 octobre 2003
Les atelier

Les ateliers de lundi nous ont fourni la gamme quasi complète des défis et obstacles que rencontrent la préservation d’un patrimoine vraiment signifiant et son intégration au développement continu de la Cité. (voir la programmation complète)
ATELIER 1   |   ATELIER 2   |   ATELIER 3   |   ATELIER 4   |   ATELIER 5   |   ATELIER 6   |   ATELIER 7   |   ATELIER 8
 

Atelier 1 : Sentiment patrimonial à la Nouvelle-Orléans : associations de sauvegarde versus milieux d’affaires

Madame Martine Geronimi, docteur en géographie culturelle de l’Université Laval et professeur à l’Université du Québec à Montréal, expose la relation intime mais souvent conflictuelle entre la conscience patrimoniale des habitants du Vieux-Carré de la Nouvelle-Orléans et l’engouement d’un tourisme de masse émergeant qui en confirme et compromet tout à la fois la valeur patrimoniale. Martine Geronimi

Ville française et espagnole, ville créole oubliée dans sa misère, le Vieux-Carré est ressuscité dans les années ‘30 par les gens d’affaires qui, tablant sur la nostalgie d’un passé mythique, y voient de belles possibilités commerciales. S’ensuivent nettoyage social et expropriations, démolitions sauvages et construction d’hôtels – plus de 40, sans compter les clandestins et Bed & Breakfast, sur 1,3 hectare – qui rencontrent rapidement l’opposition farouche des comités de résidants. On évite de justesse le passage d’une autoroute, en 1970, mais, le tourisme se développant, parades, festivals, Mardi Gras, carnavals et autres fêtes vaudou font grimper le taux de criminalité et d’insécurité. L’accès au logement et à la propriété y est gravement compromis via l’appropriation des lieux-clés et la démolition des immeubles jugés non-rentables par les promoteurs. Coincée entre responsabilité politique et rentabilité financière, la municipalité doit souvent céder à la pression des mercantis qui entretiennent le mythe sans trop se soucier de l’authentique patrimoine.

Les discussions qui suivent soulignent les dangers d’un développement résolument touristique qui risquerait de vider les vieux quartiers de leur substance même, pour et par la promotion de leurs vertus patrimoniales.

Haut de page
 

Atelier 2 : Les perspectives de développement et de modernisation des lieux historiques: étude de cas d’Hanoi, au Vietnam

Dr Nam-Son Ngo-Viet Le Dr Nam-Son Ngo-Viet, consultant en développement urbanistique et en conservation historique, fait état de la controverse opposant les tenants d’une préservation rigoureuse du caractère original du Vieux Hanoi, gage d’afflux touristique et de prospérité, aux partisans d’une modernisation de ce quartier pauvre, qui permettrait, entre autres, d’améliorer les conditions sanitaires et la qualité de vie de ses 200 000 résidants.

Le gouvernement vietnamien favorise la préservation du quartier Ba-Muoi-Sau Pho-Phuong, mais manque de moyens financiers et cherche activement le soutien de l’Unesco à cet égard. Entre temps, chercheurs et experts tentent de sensibiliser les citoyens d’Hanoi à l’urgence de sauvegarder cet héritage millénaire pour sa valeur historique, culturelle et identitaire, tout autant que touristique et économique. Ils tentent également d’en convaincre les gens d’affaires qui hésitent à investir dans une restauration qui ne soit pas immédiatement rentable.

Les défenseurs du Vieux Hanoi proposent de promouvoir la participation des citoyens et des instances internationales, d’identifier, restaurer et préserver les sites et les divers niveaux de références historiques, de préserver la vie des rues tout en améliorant l’environnement et la qualité de vie, de diminuer la pression au développement et de réconcilier la circulation des piétons et des véhicules.

Comme le soulignent les interventions en fin d’atelier, la grande densité démographique du Vieux Hanoi et les priorités de développement économique et social du gouvernement central compliquent singulièrement la tâche des défenseurs de l’intégrité patrimoniale.

Haut de page
 

Atelier 3 : Un patrimoine pour aujourd’hui : l’expérience des institutions culturelles du Vieux-Montréal

Les historiens Jean-François Leclerc et Sylvie Dufresne soulignent l’impact non négligeable des nombreuses expériences de diffusion et d’animation du Regroupement des organismes culturels du Vieux-Montréal sur l’évolution récente du quartier comme milieu de vie intégrant harmonieusement sa vocation patrimoniale. Jean-François Leclerc et Sylvie Dufresne

Au cours de la dernière décennie, les musées, sociétés archéologiques et organismes culturels de l’arrondissement historique ont exploré avec succès de nouvelles approches de divulgation de l’information et de la connaissance qui visaient à redonner vie et sens au passé du Vieux-Montréal, tout en évitant les dangers d’une « muséification » des zones patrimoniales.

Jouant à fond les liens naturels entre institutions muséales et quartier historique, le Regroupement voit dans la consolidation d’une vraie vie de quartier, citoyenne, commerçante, multifonctionnelle, une composante incontournable d’un écosystème urbain « durable ».

Un représentant de la ville de Dijon se réjouit de cette association des institutions culturelles à l’animation du quartier historique en soulignant que, plus souvent qu’autrement, c’est la vision commerciale et touristique qui prédomine.

Cet atelier a mis en lumière la détermination des résidants et experts, la volonté politique des instances gouvernementales, l’ouverture des commerçants et promoteurs et, tout particulièrement, l’engagement des institutions culturelles et muséales montréalaises à mettre en valeur non seulement le patrimoine tangible, mais, surtout, l’âme immémoriale du Vieux-Montréal.

Haut de page
 

Atelier 4 : La mondialisation et les villes historiques : les opportunités à saisir

Razieh H. S. Rezazadeh Docteur en urbanisme et professeur à l’Université des Sciences et Technologies d’Iran, Razieh H. S. Rezazadeh expose les effets parfois bénéfiques de la mondialisation qui, si elle promeut une modernité modélisée à l’américaine, est par ailleurs vecteur d’un réseautage international permettant aux villes historiques de porter leurs luttes culturelles et patrimoniales sur la place publique du grand village global.

Selon le professeur Rezazadeh, c’est parce que leur singularité culturelle est désormais menacée par la mondialisation que les cités prennent conscience de leur patrimoine historique et refusent de le voir saccagé ou banalisé. Pour contrer les effets pervers de la mondialisation, les villes ont intérêt à utiliser à fond les outils de recherche et d’échange qu’elle met elle-même à leur portée.

Ainsi, tirant profit des facilités de communication, de transport et de réseautage que cette mondialisation rend désormais disponibles, madame Rezazadeh est venue à Montréal dans le but précis de contrer le projet de construction d’une tour à bureaux d’une modernité toute new-yorkaise, au cœur même du vieux quartier d’Esfahan. Tribune de prestige, la présente conférence internationale lui permet d’alerter l’opinion mondiale et, surtout, de discuter directement de la question avec le maire d’Esfahan, Sayed Mortaza Saghaian Nejad Esfahani, également présent. Cette rencontre, impensable en Iran de l’aveu même des protagonistes, est pourtant, tout comme le gratte-ciel incriminé, un fruit de l’actuelle globalisation.

En réponse à une question de la salle, madame Rezazadeh déplore que le riche patrimoine iranien soit, pour des raisons tout aussi économiques que politiques, encore inaccessible au tourisme international qui, seul, permettrait les investissements indispensables à sa préservation.

Haut de page
 

Atelier 5 : La protection et la mise en valeur du patrimoine à la Commission de la capitale nationale à Ottawa

Docteur en géographie historique et gestionnaire du Programme du patrimoine, à la Commission de la capitale nationale à Ottawa, Lynda Villeneuve réaffirme l’urgence de développer des politiques de préservation du paysage patrimonial, témoignage millénaire de l’interaction constante entre le citadin et son écosystème urbain. Lynda Villeneuve

S’appuyant sur le travail de mise en valeur déjà accompli sur les sites des plaines LeBreton, du Musée de la Guerre et des îles Chaudière, madame Villeneuve souligne l’importance de définir rapidement les lignes directrices et principes d’intervention, les paramètres et méthodes d’analyse et de classification des patrimoines bleu, vert et paysager.

Quartier rasé par un vaste incendie en début de 20e siècle, les plaines LeBreton révèlent peu à peu un nombre impressionnant de fondations remontant au tout début de l’occupation humaine. Plus de 80 000 artefacts en ont été extraits jusqu’à présent. Le Musée de la Guerre a bénéficié d’une décontamination et d’un réaménagement des sols, d’une amélioration de l’infrastructure du parc et des réseaux routiers le desservant. Les îles Chaudière doivent, pour leur part, intégrer harmonieusement, des feux de camp amérindiens aux hauts-fourneaux de l’époque victorienne, les témoignages de plus de 4 000 ans d’occupation.

Haut de page
 

Atelier 6 : L’Opération patrimoine architectural

Jean-François Gravel

L’architecte Jean-François Gravel, chef de la Division du patrimoine et de la toponymie du Service du développement économique et du développement urbain de Montréal, est l’initiateur d’un vaste programme de sensibilisation qui vise à accroître le sentiment d’appartenance du grand public à l’égard du patrimoine bâti montréalais.

Le programme « Opération patrimoine architectural de Montréal » s’articule autour d’une reconnaissance publique des efforts de sauvegarde et de mise en valeur des immeubles privés, via une remise de mention à leurs propriétaires, et sur une foule d’activités culturelles qui permettent, durant 15 jours, de partir à la découverte de ce patrimoine.

En 13 ans, plus de 400 propriétaires ont été ainsi honorés dans les catégories « résidence » et « édifice commercial ». Les candidats sont sélectionnés par les arrondissements.

Cet événement annuel, très prisé des Montréalais, doit une bonne part de son succès au soutien et à la collaboration de nombreux commanditaires et partenaires culturels.

Haut de page
 

Atelier 7 : La plaque tournante montréalaise

Géographe et professeur à l’Université du Québec à Montréal, David B. Hanna expose la situation géographique particulière de Montréal qui l’a amené à jouer, de tout temps, un rôle de plaque tournante continentale et atlantique. Ville de liaison, à l’instar de New York, Boston, la Nouvelle-Orléans et Baltimore, Montréal fut et reste un important comptoir d’échanges internationaux, un haut lieu de gestion financière, un centre névralgique d’organisation des transports.

David B. Hanna

Le port, le secteur des gares ferroviaires et le centre ancien forment un ensemble patrimonial unique en Amérique du Nord, fort bien conservé et présentant une cohérence architecturale et urbanistique peu commune qui mérite d’être reconnue internationalement. C’est la conclusion à laquelle en est arrivé un comité d’experts en urbanisme et en histoire, formé pour réfléchir sur une éventuelle candidature de Montréal au titre de Ville du Patrimoine mondial.

Tout en reconnaissant le bien-fondé de cette proposition, des congressistes suggèrent d’élargir le site désigné en y ajoutant le canal de Lachine, le mont Royal et la partie sud du boulevard Saint-Laurent, axe commercial et culturel incontournable de la « montréalité ».

Haut de page
 

Atelier 8 : Restauration de l’arrondissement historique du Vieux-Montréal : principes et valeurs

Suzanne Provost Madame Suzanne Provost, conseillère au Ministère de la Culture et des Communications du Québec, expose la problématique fort complexe à laquelle furent confrontés, depuis 20 ans, les efforts de restauration de l’arrondissement historique du Vieux-Montréal. Pour illustrer son propos, madame Provost relève les multiples interventions publiques qu’a nécessité la mise en valeur de la Cité administrative, où il fallait redessiner la trame urbaine et les espaces publics, éliminer ou reconvertir des espaces de stationnement, restaurer de nombreux édifices, repenser l’éclairage et la mise en valeur.

Pour y réussir en préservant à la fois la richesse patrimoniale et la vie de quartier, il était primordial de baser l’action gouvernementale et municipale sur des valeurs et principes communs, clairs, engageants, applicables et défendables auprès des citoyens tout autant que des partenaires, des experts ou des investisseurs.

Selon les congressistes, l’état actuel de l’arrondissement historique du Vieux-Montréal et son évolution projetée sont fort éloquents quant à la réussite de cette approche commune.

 
suite suite
 
      VIEUX-MONTRÉAL Haut de page
 

12 décembre 2003